Bon, j'en ai un peu marre qu'on résume les femmes mangakas à "regarde, cette femme a fait tel manga", donc on va faire un "ptit" thread (vous me connaissez) sur leur impact insoupçonné dans le milieu du manga moderne, let's go

11:30 PM · Nov 5, 2021

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Très tôt dans l'histoire du manga, il existait déjà une femme mangaka, Machiko Hasegawa, à qui on doit Sazae-San, un manga publié sous la forme de yonkoma (un comic-stip à la verticale) entre 1946 et 1974 sur la vie d'une femme au foyer dans le contexte du Japon d'après-guerre
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L'anime Sazae-San est encore très reconnu au Japon, il s'agit de la série la plus longue de l'Histoire avec plus de 2 500 épisodes diffusés entre 1969 et 2005 (dans ta gueule One Piece), Machiko Hasegawa obtiendra même une distinction à titre posthume du premier ministre japonais
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Alors vous le savez, on associe régulièrement le genre shojo à des romances à l'eau de rose pour adolescentes, pourtant, déjà dans les années 70, le Groupe de l'an 24, un groupe de mangakas femmes, ont révolutionné le genre et bousculé les moeurs au Japon
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Moto Hagio, Riyoko Ikeda, Toshie Kihara, Minori Kimura, Yumiko Oshima, Nanae Sasaya, Keiko Takemiya, Mineko Yamada et Ryoko Yamagishi: c'est en tout plus d'une dizaine de femmes mangakas qui marqueront les esprits des japonaises et même de nos françaises de l'époque
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Le collectif n'est pas officiel, disons que c'est un terme journalistique pour parler des grandes mangakas de l'époque, l'an 24 quant à lui correspond à la 24ème années de l'an Showa, soit 1949, sachant que toutes les membres du Groupe de l'an 24 sont nées autour de cette date
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Jusqu'ici, le shojo était un genre pour petites filles, il servait surtout de passerelle pour les hommes mangakas qui se tournent après vers le shonen. Des femmes ont tenté de changer ça, mais les contraintes des magazines étaient trop fortes et elles ne se faisaient pas publier
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Mais quand le Groupe de l'an 24 commencera à travailler l'aspect psychologique de ses personnages et à aborder des thématiques vraiment révolutionnaires pour la patriarcat japonais de l'époque (homosexualité, racisme, viol...), c'est là que le shojo va atteindre son âge d'or.
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Bon, maintenant, on va aborder quelques artistes marquantes de cette période, on va pas toutes les faire, mais on va surtout aborder les plus connues et les plus importantes
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MOTO HAGIO Connue pour 11-nin iru, Poe no Ichizoku et 11-gatsu no Gymnasium, elle sera la première à mettre sérieusement sur la table le sujet de l'homosexualité masculine, lançant ainsi tout un mouvement d'auteures du Groupe de l'an 24 qui reprendront ce thème dans leurs mangas
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KEIKO TAKEMIYA Auteure de Kaze to ki no uta ou encore de Destination Terra (récemment sorti en France), elle traite dans ses oeuvres des thèmes sérieux comme le racisme, l’homophobie, la pédophilie, le viol et la drogue. Elle a lancé le shonen-ai au rang de genre ultra-populaire
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YUMIKO OSHIMA Auteure de The Star of Cottonland, elle y aborde à travers l'histoire d'une petite chatte les problèmes que l'on peut avoir à communiquer, la perte de repères, le passage à l'âge adulte, et propose de manière générale des mangas pour jeunes filles très plébiscités.
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RIYOKO IKEDA Auteure connue de tous ceux ayant grandi avec Récré A2 pour La Rose de Versailles/Lady Oscar, elle utilise un contexte historique osé pour un manga des années 70, afin de mettre en avant une histoire d'homosexualité féminine et d'émancipation de la femme
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J'aurais pu parler de toutes les autres membres, notamment de Riyoko Yamagashi qui a écrit un des tout premiers yuris, par exemple, mais je vous laisse faire vos propres recherches sur le sujet
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On ne peut pas non plus nier l'impact qu'a eu le manga Candy Candy de Yumiko Igarashi et de Kyoko Mizuki sur le genre, bien qu'elles ne fassent pas parti du Groupe de l'an 24, et qui aura lui aussi marqué sa génération, même si aujourd'hui cela paraît plutôt cliché
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Nous sommes maintenant dans les années 80, et c'est incontestablement Rumiko Takahashi qui fut la mangaka la plus remarquable de son époque, avec des titres cultes comme Ranma 1/2, Urusei Yatsura/Lamu, Maison Ikkoku/Juliette je t'aime, Inu-yasha, ou même très récemment avec Mao
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Admiratrice de Go Nagai pour sa capacité à maîtriser n'importe quel genre, Takahashi partage son ambition, et touche à un peu tous les genres, du shonen au romcom en passant par la dark fantasy et l'horreur. A elle seule, elle a prouvé que même une femme pouvait faire des shonens
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La fin des années 80 a également été marquée par les productions du Studio CLAMP, un groupe d'amies mangakas, qui s'est illustré dans le shojo, puis dans le shonen et le seinen. Le groupe s'est peu à peu réduit à 4 personnes avec les années, mais il existe toujours aujourd'hui
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Peut-être que le groupe ne dit pas grand chose aux néophytes, mais si je vous dis Cardcaptor Sakura, Clamp School Detective ou X, ça vous parle peut-être plus. Elles ont également bossé sur le charadesign d'animes comme Code Geass ou Blood-c
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Evidemment, que dire de l'impact de l'oeuvre de Naoko Takeuchi sur les années 90 en manga? C'est simple, Sailor Moon est devenu LA référence du magical girl, offrant une vision plus mature du genre, plus épique, un peu plus violente également.
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Notons toutefois qu'il y a une réelle différence avec l'anime, qui a édulcoré certaines scènes, et modifié le couple Uranus/Neptune qui bousculait un peu trop les moeurs de l'époque.
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Ai Yazawa aura aussi marqué le manga au début des années 2000 en donnant naissance au genre Josei, qui s'adresse aux jeunes femmes adultes. Cependant, même si le manga est en pause depuis 2009, il a tout de même marqué une génération entière de jeunes lectrices
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Et c'est ici qu'on arrive à notre époque actuelle. Evidemment, je ne vais pas vous faire l'affront de vous apprendre que FMA a été écrit par une femme, Hiromu Arakawa, mais elle aussi a prouvé que les femmes pouvaient écrire de très bons shonens nekketsu
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Chose moins connue en revanche, c'est que son vrai est Hiromi Arakawa, eh oui, puisqu'elle avait peur que les gens ne lisent pas son manga si on apprenait que c'était une femme. Ca en dit long sur les mentalités de l'époque, pourtant on était déjà en 2003 😬
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On peut également se dire qu'aujourd'hui, ça va mieux, et que les femmes mangakas sont beaucoup mieux vues, or, il faut croire que le fait que ces mangakas soient des femmes est encore vu comme une surprise, même en Occident
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Alors j'en veux à personne pour ça, ya rien de très sexiste à se dire qu'un mangaka est un homme par défaut, mais tout de même, c'est la preuve que l'industrie ne remercie toujours pas assez les femmes qui ont fait évolué le milieu pendant plus de 80 ans, ça veut dire beaucoup
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Et elles continuent encore aujourd'hui à marquer les esprits: Yoshitoki Ōima (A Silent Voice), Kato Kazue (Blue exorcist), Koyoharu Gotôge (Demon Slayer), Katsura Hoshino (D.Gray-Man), ce sont des femmes dont j'aurais pu parler si j'avais fait ce thread quelques années plus tard
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N'oubliez pas le rôle des femmes dans une industrie aussi prétendument masculine que le manga, et n'hésitez pas à taper le nom de votre mangaka favori sur Google Images, après tout, vous pourriez être surpris...
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Bref, j'espère que ce thread vous aura plu et que vous avez peut-être pu découvrir quelques titres qui vous intéressaient dans ce que j'ai présenté, ça me ferait super plaisir de vous avoir fait découvrir des auteures et leurs mangas, vraiment
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